FELCO PASSION 2011

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FELCO responsable: FELCO et l'intégration des personnes handicapées

Au sein de l'entreprise suisse, les personnes handicapées ont toujours été bien accueillies. Exemples croisés avec Aurélie et Patrick.

Hyperactive, Aurélie termine sa "formation en entreprise d'ouvrière en conditionnement et logistique", au sein de FELCO.

Il paraît qu'Aurélie était timide à ses débuts chez FELCO. On a du mal à le croire, tellement la jeune fille est à l'aise pendant l'entretien. "Je suis moins timide aujourd'hui, explique-t-elle, et j'ai pris confiance en moi". Hyperactive, Aurélie a d'abord intégré l'atelier protégé Alfaset mis en place dans les locaux de FELCO. Avant d'être engagée, au bout de 4 mois, par l'entreprise.

L'intégration d'Aurélie se passe si bien que l'on cherche les problèmes que son handicap a pu soulever. Handicap? Ne prononcez pas ce mot devant Josiane Jacot, responsable RH de FELCO. "Je n'aime pas ce terme, je préfère parler de personne en difficulté d'intégration".

Au quotidien, son hyperactivité oblige la jeune fille à un traitement quotidien. "Si je n'ai pas pris mon médicament, je travaille lentement, je suis déconcentrée tout le temps". À part ça, Aurélie a les mêmes horaires de travail et exigences que ses collègues en termes de productivité. Avec un jour et demi de formation par semaine, Aurélie est la plus grande partie de la semaine dans l'atelier, où elle s'occupe d'emballage, de logistique et du contrôle.

Pour Josiane, l'intégration d'Aurélie est une vraie réussite. "C'est très rare qu'on arrive à sortir une personne du milieu protégé et à l'intégrer dans un milieu professionnel courant". Et de souligner qu'il faut beaucoup de volonté de la part de la personne comme de l'entreprise.

Conclusion de Josiane Jacot: "aujourd'hui, je considère Aurélie comme une apprentie, pas comme une personne handicapée". Et c'est comme ça qu'Aurélie veut être considérée: comme une apprentie. Ni plus, ni moins.

Depuis 25 ans, Patrick Vuillème travaille dans les ateliers de FELCO. Aveugle, il est la preuve qu'une personne handicapée peut s'intégrer dans une entreprise.

"Bien sûr, il a fallu construire un distributeur d'huile pour moi", explique Patrick Vuillème, aveugle de naissance. "C'est comme si vous mettez du dentifrice sur une brosse et que vous essayez de vous brosser les dents en fermant les yeux: vous vous en mettez partout!", poursuit-il dans un grand éclat de rire.

Patrick commence sa scolarité à l'école des aveugles de Lausanne, puis à l'école secondaire classique à Cernier. "J'ai voulu faire un pont entre les deux écoles, car on s'intègre mieux dans la société si l'on fait des études avec les autres". Il suit un apprentissage de mécanique au centre spécialisé de Morges, qui forme des handicapés physiques.

La rencontre avec FELCO

En 1985, son ancien maître d'apprentissage l'aide à retrouver du travail, après une brève période de chômage technique. "On a téléphoné à FELCO. Je suis venu me présenter avec lui et dix jours après, j'ai été engagé".

Il y a quelques années, à la suite d'une restructuration dans l'atelier, les fonctions de Patrick changent. "J'ai changé d'atelier et maintenant je fais cinq ou six travaux différents". Goupillage, montage de couteaux sur les cisailles, martelage... "Je change presque tous les jours de travail, c'est très intéressant".

Cela a nécessité des aménagements, comme ce distributeur d'huile. Ou encore cette presse équipée de toutes les sécurités requises. Mais à part ça? "Rien de spécial, il faut simplement que les gens mettent à ma portée tout ce dont j'ai besoin pour travailler".

Les relations avec les collègues

"Mon chef et mes collègues m'aident, me préparent le travail", explique Patrick. "Ensuite, je suis totalement autonome". Il a appris "la géographie de l'usine" et s'y déplace tout seul. "Je n'ai jamais personne avec moi".

Parfois, il doit expliquer à ses collègues comment l'aider. "On ne pousse pas un aveugle, parce qu'il n'aura pas confiance. On le prend par le bras et on lui parle". Mais "par principe, je ne refuse jamais une aide".

Et la bonne entente entre Patrick et ses collègues ne s'arrête pas aux portes de l'atelier. Témoin, Alic, qui travaille depuis 6 ans avec Patrick, "quand on organise une soirée ou un pique-nique après le boulot, on vient le chercher chez lui".

Dans un nouvel éclat de rire, Patrick conclut l'entretien:"je suis même allé au bowling avec les copains, mais... avec moi, les quilles ne sont pas beaucoup tombées!

SH