FELCO PASSION 2011

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En direct des ateliers: Prétat, le spécialiste du matriçage

Partie intégrante du groupe FELCO depuis bientôt vingt ans, la société Prétat est le spécialiste du matriçage à chaud de précision de l'aluminium et des métaux non ferreux. C'est dans les locaux de Cornol, dans le Jura suisse, que sont matricées les poignées FELCO.

Le matriçage est une "technique de déformation plastique utilisée pour la mise en forme d'un lopin porté à une température adéquate". Mais Prétat va plus loin que le simple matriçage. "Nous sommes complètement intégrés: en dehors de la spécificité matriçage, nous effectuons d'autres travaux sur les pièces, tels que l'usinage, le traitement ou le polissage", précise Alain Flury, directeur général.

Un processus en plusieurs étapes

Première opération, le sciage. La matière première (principalement de l'aluminium, mais également du laiton, du cuivre entre autres) arrive sous forme de barres qui sont débitées en lopins.

Celui-ci est ensuite chauffé au moyen d'un four, puis déposé sur la matrice (partie basse de l'outillage). Un lubrifiant est appliqué, qui va favoriser la déformation. Son rôle est double: sans lui, le lopin collerait sur l'outillage. En même temps, "il aide la matière à aller dans des endroits difficiles d'accès". Ce flux de matière est opéré par la percussion: le poinçon (partie supérieure de l'outillage) vient en contact avec la pièce.

"Il est important de noter que les deux parties de l'outil (matrice et poinçon) ne sont jamais en contact l'une avec l'autre", insiste Alain Flury. La pièce joue le rôle d'amortisseur. Il y a donc forcément un surplus de matière, que l'on appelle "bavure".

Si le laiton ou le cuivre sont exemptés de trempe, ce n'est pas le cas de l'aluminium. A ce stade, ce matériau a en effet perdu toutes ses caractéristiques mécaniques. Un choc thermique va lui rendre ses propriétés. Chauffées à 450 degrés pendant deux à trois heures, les pièces sont plongées brutalement dans un bac d'eau froide.

Quatrième phase, le découpage. Des presses à froid (plus petites que celles utilisées pour le matriçage) descendent très lentement au moyen d'un système hydraulique et détourent la pièce. Celle-ci est ensuite soufflée à l'air comprimé pour enlever les copeaux et, le cas échéant, conformée.

La pièce a maintenant une forme parfaite... mais elle a été noircie par l'oxydation causée par la chauffe. Un traitement chimique (pour l'aluminium), ou par ultrasons ou galets (pour le laiton et le cuivre), permet de retrouver la couleur d'origine.

Pour certains clients, l'opération s'arrête là. C'est notamment le cas pour FELCO. Après un dernier contrôle, les pièces sont emballées et acheminées de Cornol aux Geneveys-sur-Coffrane. Mais, de plus en plus, les clients de Prétat souhaitent des pièces usinées. Un atelier d'usinage va alors effectuer des reprises (taraudage, fraisage, perçage...).

Une simulation informatique

Les outillages sont conçus par le bureau technique. À l'aide d'un logiciel de simulation très évolué, les ingénieurs sont capables de tester l'outillage avant même la construction d'un prototype. Cela minimise le délai de mise au point de la matrice et du poinçon, donc le coût pour le client. Cela permet également d'affiner l'offre commerciale: l'ordinateur détermine la force de la presse nécessaire.

FELCO, un client important, mais pas le seul

Fondée en 1947 par Arthur Prétat et ses deux fils, l'entreprise est transformée en société anonyme en 1985. Quelques années plus tard, en 1992, FELCO SA prend une participation au capital de Prétat SA. En 1997, l'entreprise rachète l'intégralité des actions.

Aujourd'hui, FELCO représente un bon tiers de l'activité de Prétat. Mais les 85 employés travaillent également pour Vuitton, les percolateurs ThermoPlan, Bosch, le groupe Alstom...

À noter que la part du chiffre d'affaires réalisé avec FELCO est en baisse depuis quelques années. FELCO aurait-il trouvé un autre fournisseur? Non, l'activité de Prétat se développe...

SH