
Clin d'oeil: Le marin et l'outil dont il aurait aimé ne jamais se servir
Banquier suisse de son état, Andréas Giesbrecht est un marin émérite. C'est le chantier de La Rochelle qu'il a choisi pour y faire construire son nouveau bateau. Objectif: naviguer dans les mers du nord.
Alors que le voilier est presque prêt vient la question de l'accastillage. "En cas de démâtage, il vous faut une cisaille et il n'y a qu'une marque: FELCO", lui annonce le professionnel rochelais. Andréas sourit, lui qui a remis la première édition du prix de l'entreprise suisse romande, en 2005, à Laurent Perrin. Il se laisse-facilement-convaincre. De toute façon, un démâtage, cela n'arrive jamais, et encore moins sur un bateau neuf...
Mi-juillet 2010, "Cadences" sort du chantier. Andréas, sa femme et ses trois enfants embarquent pour tester le voilier. Direction La Corogne. Neuvième jour de la traversée, beau temps, 10 à 12 nœuds de vent, houle usuelle. Virement de bord. Ping. Le mat tombe.
Deux navigateurs bretons viennent à leur rescousse. Les trois hommes passeront trois heures à essayer de sauver le mât. Avant de se résoudre à le laisser partir au fond de l'eau. Andréas se saisit de sa cisaille FELCO et sectionne étais et haubans.
"Si on n'avait pas réussi à couper les câbles? Je ne sais pas comment nous serions rentrés..."
SH

